HIFI

Quelques considérations personnelles

Février 2008.


Je m'intéresse à la Haute Fidélité depuis mon adolescence. Après avoir bidouillé les appareils de mes parents, phagocyité dans ma chambre leur chaine hifi, j'ai commencé à m'acheter mes premiers éléments avec mes paies de jobs d'été. En commençant, sacrilège suprême pour un audiophile, par un système d'enceintes Bose Acoustimass avec caisson de basses, l'un des premiers à l'époque. Ce type de matériel qui fait frémir d'horreur tout passionné de hifi qui se respecte, présentait pour moi quelques avantages notables : la taille des satellites était compatible avec celle de ma chambre, le son était quoi qu'il en soit assez démonstratif pour épater les copains, et, ce que j'ai découvert sur la durée, la fiabilité est ahurissante (j'utilise toujours mes Acoustimass avec mon PC et mon home-stuido 22 ans plus tard). Pour autant, je découvris peu à peu les concepts audiophiles et mes acquisitions suivantes furent une platine vynil Rega III qu'on ne présente pas puisque aujourd'hui c'est encore une référence à la vente, un ampli NAD 3020B mythique lui aussi, et un lecteur de CD Micromega. Je finis par remplacer mes Bose par une paire de Royd Castle, des enceintes bibliothèques, qui m'auront été conseillées comme tout le reste par Karl qui officie aujourd'hui chez Quatuor Music (Lyon 3). Mon ampli NAD fit place à un Creek 6060 qui a malheureusement rendu l'âme chez sa propriétaire actuelle, la maman de mon premier fils (laissant orphelines deux magnifiques colonnes Triangle, quelle misère de les savoir muettes).

Puis, je me suis un temps désintéressé de l'audiophilie pour céder aux tentation du Home Cinema; il aura fallu encore quelques années et surtout de profonds changements dans mon cadre de vie pour qu'à nouveau, je me penche sur la haute fidélité d'exception. L'année dernière retour chez Karl donc, et premières écoutes. Je jette mon dévolu sur une paire de ProAc Studio 130, un lecteur de CD Myriad et un ampli intégré de la même marque.

Et puis, clairement, c'est une relative déception. Je n'ai pas, malgré un budget plus conséquent que dans le passé, le frisson que savent procurer les magasins audiophiles et leurs écoutes soigneusement sélectionnées. Ce "son", tangible, présent, organique que l'on recherche tous lorsqu'on a participé à des écoutes audiophiles - oui, vous savez, ces voix de femmes au souffle tellement présent qu'on les croirait dans la pièce, ces percussions qui fonct sursauter, ces instruments qu'on croirait voir dans l'espace tellement l'image stéréo est présente - on dit aujourd'hui "holographique" dans le charabia audiophile.

Un ami me fait remarquer que mon système manque de graves. Je le prends mal pendant un temps, mais il faut que je me rende à l'évidence : le problème est effectivement là, mon ampli Myriad ne parvient pas à déplacer le boomer des ProAc, réputées peu sensibles : La puissance de l'ampli est sans doute suffisante, mais sa conception fait la part belle à l'analytique, il n'y a pas de chaleur, pas de profondeur dans les basses fréquences. Que cela serve à d'éventuels lecteurs qui seraient arrivés ici par une recherche Google "Myriad ProAc" : mariage pas bon, à moins d'aimer les écoutes manquant singulièrement de relief et de présence.

Quelques mois après mon achat, je vais donc présenter mes doléances chez Quatuor. Qui me propose de reprendre mon ampli (il le feront avec une décote insignifiante, merci à eux). Nous nous lançons dans de nouvelles écoutes avec comme objectif : de la profondeur, des graves, bref, même si le terme peu faire sourire dans un univers où les amplis n'ont même pas de réglage "graves / aigus", je veux avoir l'impression d'avoir appuyé sur le bouton "Loudness" qui me manquait tant sur le Myriad ! (à l'attention des néophytes : NON, il n'y a jamais de loudness sur un ampli audiophile ! no way !".

Et là, bonne pioche. Le mariage parfait est chez moi depuis quelques semaines... je redécouvre ma discothèque, je me régale à passer des CD audiophiles sublimes (Chesky, Naim, Telarc... Rebecca Pidgeon... Teri Kemnes... etc). L'heureux élu, celui qui donne à manger de manière efficace à mes ProAc, c'est l'EUPHYA ALLIANCE 250. J'ai lu, ici et là, qu'il était "un peu juste" pour alimenter les Studio 130, qu'il valait mieux prendre le 270.... que nenni ! Le résultat est sublime, sur toutes sortes de musique.

Car, et c'est là tout le but de cette page de texte, j'ai enfin et pour la première fois en 25 ans de pratique de la hifi, atteint un graal : obtenir, chez moi, le même genre de son que j'ai pu écouter tant de fois dans les auditoriums et salons audiophiles. Ce son d'une richesse formidable, cette image stéréo impressionnante, ce grain sonore palpitant. Alors, me direz-vous, qu'avais-je avant ? avec ma chaine Micromega / Creek / Royd ?

J'avais un son audiophile, infiniment supérieur à ce que l'on entend chez 99% des gens, sur leurs micro-chaines ou sur leurs systèmes intégrés japonais, mais un son "enceintes bibliothèques", ce son que l'on a tous connu avec les grands classiques de l'audiophile à petit prix (Micromega / Nad / Triangle, le trio gagnant, la chaine typique audiophile à 6000 francs de l'époque). Un son agréable, fin, précis, mais pas "la claque", pas cette claque qu'on prend quand on entre dans un magasin qui passe un disque de démo sur un lecteur de CD de 10 kilos, avec une amplification en quatre morceaux et des enceintes de 150 kilos... et pourtant, à l'époque, rien que mon Creek 6060 valait plus de 1000 euros - il y a quinze ans ! Le problème, c'était surtout les enceintes. On n'obtient pas, avec des enceintes de volume réduit, le "grand" son d'une paire de colonnes bien dimensionnées.

Eh bien, même si mon nouveau système n'atteint pas les prix stratosphériques d'un ensemble avec amplification à tubes, préamplis séparés et tutti quanti, le son que j'obtiens aujourd'hui est inifiniment plus proche de ce type de système que des ensembles audiophiles d'entrée de gamme. Le secret ? A mon avis, encore une fois, le choix d'enceintes de bonne taille. A moins de n'écouter que du chant médiéval, beaucoup de musiques ont besoin de "coffre", de graves qui descendent. Et une paire de grand colonnes parvient mieux qu'une paire de bibliothèques à se faire oublier en termes de placement et de transparence sonore. Encore faut-il ensuite pouvoir les alimenter et exploiter leur volume, donc il faut choisir un ampli avec une bonne réserve de puissance. Ensuite, en fonction de la coloration des enceintes, choisir l'ampli qui permettra d'obtenir un bon équilibre tonal, une bonne richesse dans tout le spectre.

Bonne écoute...


Myriad CD Z110
Euphya Alliance 250
ProAc Studio 130 bicablées
Câbles AudioQuest